Ligue reconnue d'utilité publique. Fondé par Mademoiselle Sophie Niess en 1913
Savez-vous ce que c’est que le gavage des oies? Bien sûr, vous le savez. Y pensez-vous quand vous mangez du foie gras? Oh, non, quelle horreur, pourquoi se gâcher le plaisir avec pareilles abominations!

Donc, vous savez. Et sachant, vous mangez. Mangez? Nous savourons, voulez-vous dire. Nous dégustons, lentement, lentement, nous faisons fondre sur la langue. Nous nous concentrons, nous fermons les yeux, nous nous préparons à goûter au plaisir des dieux. Le foie gras… c’est un poème, un hymne au créateur, une échappée sur le paradis. C’est bien simple, LE FOIE GRAS, C’EST LA FRANCE!

Oui, mais pour les oies, vous savez? Eh bien, oui, nous savons. Et alors? Les oies n’ont-elles pas été créées tout exprès pour cela? Ne furent-elles pas dotées d’un foie dont les merveilleuses possibilités ne s’épanouissent que par le gavage?

Donc vous savez. Et ça ne vous gêne pas. Ou, si ça risque de vous gêner, vous pensez vite à autre chose – au bouquet du vin qui se mariera le plus harmonieusement à cette merveille, par exemple. Vous avez bien de la chance, bien de la chance d’être un salaud. Un innocent salaud de brave type normal. Pour un raffinement gastronomique, pour un plaisir un rien subtil sur le bout de la langue, ils vouent la vie d’un être vivant à une abominable torture. Ce ne sont pas des sadiques, ils ne feraient certainement pas de mal à une mouche – la mouche n’offre aucun intérêt gastronomique – mais une saveur «sublime» justifie l’atrocité, qu’ils ne commettent d’ailleurs pas eux-mêmes, ni ne voient commettre.
 

Quoique… le gavage des oies, spécialité bien de chez nous dont la France est aussi fière que de son champagne, nous est complaisamment montré, à la télé et sur des cartes postales régionalistes où des femmes déguisées en paysannes du bon vieux temps, serrent une oie entre leurs puissantes cuisses et lui entonnent de force jusqu’au fond du gosier, au moyen d’un gavoir, la bouillie hyper-nourrissante que la bête terrifiée ne peut qu’avaler, et avaler et avaler.
Je suppose que l’opération ne doit certainement plus guère se pratiquer de cette façon mais bien plutôt dans d’étincelantes usines, au moyen de je ne sais quelles ferrailles rationnelles, étudiées en vue du gavage en série par immobilisation optimale et tassement accéléré des bourratives calories dans le gosier par piston électroniquement programmé…

Imaginez-vous cela, transformer un être vivant en une machine à faire du foie, du foie malade, du foie noyé de graisse malsaine. On y fout aussi de l’armagnac dans cette pâtée infernale, le fin gourmet sait l’apprécier.

Ceci justifie-t-il cela?

Pendant qu’on y est; vous savez qu’on coupe les grenouilles en deux VIVANTES! Oui, vous le savez. Et vous mangez des cuisses de grenouilles. Oh, vous, fins gourmets, bons vivants. Je sais ce qui se cache sous vos joues vermeilles, sous votre nuque en pneu de camion. Et ça me fait peur.

P.S. Ah, oui, encore pour les oies, j’oubliais: on leur clouait les pattes sur une planche. Et j’allais vous priver de ça!

Extrait du livre de François Cavanna, Coups de sang
La très bonne et la lamentable nouvelle
 
La bonne nouvelle nous vient d’Israël où les efforts des associations de protection des animaux, soutenues par de nombreuses organisations internationales pour la cessation de l’industrie du foie gras, ont enfin été couronnés de succès: depuis octobre de cette année, l’état hébreu, deuxième producteur mondial, bannit ce commerce à base de souffrance animale.
 
 
Selon la décision prise en août 2003 de la Cour suprême de l’Etat d’Israël: «Le gavage des oies et canards est une violation de la loi» et «L’on ne peut pas faire passer à l’arrière-plan toutes les souffrances infligées aux animaux sous prétexte que ces derniers sont confrontés aux intérêts de l’agriculture.» Evidemment, l’opposition n’a pas tardé à se manifester: de même que l’Union Européenne n’abolit pas les batteries pour les poules pondeuses mais se contente de les agrandir, les milieux du foie gras promirent d’améliorer les conditions de vie de leurs captifs et tentèrent même de faire exclure les volailles des sujets concernés par les impératifs de la loi sur la protection des animaux. Mais les autorités israéliennes surent résister aux pression des gaveurs et s’en tenir fermement à leur décision. Cela les honore d’autant plus que cette branche de l’économie générait un profit considérable pour le pays. Ainsi, à l’unisson des milieux de la protection animale, toute personne dotée d’un peu de compassion pour les oies et les canards torturés salue cette décision avec infiniment de soulagement, de satisfaction et de gratitude et adresse ses remerciements aux juges de la Cour suprême de l’Etat d’Israël pour leur courage ainsi qu’aux organisations concernées par cet acte concret de compassion envers les animaux.

La mauvaise nouvelle nous vient de notre voisin dont les élus ont adopté un amendement déclarant le foie gras «patrimoine culturel français»... Incroyable mais vrai: la torture des animaux – corrida, combats de coqs, gavages de volailles – fait dorénavant «partie des jugements idéologiques, des sentiments et de l’esprit des Français»! Pauvre France, elle est tombée bien bas...
 
 
P.S. Certains distributeurs essaient de faire croire au client saisi d’un sursaut de mauvaise conscience que leur «produit» proviendrait de canards ou d’oies non-gavés. Ceci est complètement faux! Manger plus que nécessaire est une déviation propre à l’homo-sapiens uniquement; aucun animal libre de ses actes ne met sa santé en péril par une surconsommation: les canards et les oies gavés – de «gaver», faire manger beaucoup et par la force – sont malades de leur foie surdimensionné qui pèse sur leurs organes internes. L’argument avancé que les oiseaux se gavent eux-même avant la migration est également irrecevable: afin de disposer de suffisamment d’énergie pour accomplir leur effort migratoire, les oiseaux «remplissent leurs réservoirs» en mangeant plus qu’à leur habitude et consomment les réserves pendant leur vol vers les pays de migration; le stock constitué correspond donc à un besoin réel et temporaire ce qui n’est évidemment pas le cas dans un processus de gavage. Le foie gras est le résultat d’une violence inacceptable envers les animaux, l’organe malade d’un être torturé.
 
 
Le 9 mars dernier, à l’initiative de la coalition Stopgavage, l’Université de Lyon entamait une conférence-débat sur le thème de l’éthique et de l’alimentation. Au-delà du scandale du gavage, cet événement constitue un pas important pour faire reconnaître la question animale comme une question éthique et politique digne d’intérêt.

Une doctrine déjà ancienne veut que l’individu n’ait pas de compte à rendre à la société pour ses actes, tant que ceux-ci ne concernent les intérêts d’aucune autre personne que lui-même. Un exemple privilégié d’un tel domaine réservé est celui de la nourriture: «Chacun mange ce qu’il veut», dit-on. L’idée d’une limite à la liberté individuelle dans ce domaine renvoie à des images d’intolérance, de volonté des uns d’imposer leur éthique, voire leur religion, aux autres. Mais dès lors que l’on accepte que l’alimentation doit être, autant que n’importe quelle autre pratique humaine, soumise à des exigences éthiques, et donc en définitive législatives, et que ces exigences concernent aussi le sort des non-humains, la légitimité de la consommation de «produits animaux» devient sujette à question. Il semble alors impossible de ne pas reconnaître qu’il y a des limites à la souffrance que l’on peut infliger à un être sensible, quel qu’il soit, pour en consommer chair et organes.

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